Quelles sont les priorités de sécurité du Canada

Quelles sont les priorités de sécurité du Canada?

Les priorités de sécurité du Canada englobent des domaines vastes et variés. Le gouvernement du Canada se doit de se donner les moyens nécessaires pour y faire face. Pour ce faire, le Canada doit anticiper toutes les menaces à la sécurité des Canadiens, lesquelles peuvent être liées à des domaines complètement différents les uns des autres.

Par exemple, les récents attentats terroristes de St-Jean-Sur-Richelieu et d’Ottawa qui ont couté la vie à deux militaires et qui a menacé la vie des parlementaires canadiens ce mois-ci nous rappellent que le Canada est dans la ligne de mire de groupes extrémistes religieux. La menace terroriste contre les Canadiens n’est pas nouvelle, mais elle est en évolution et s’actualise. Si Al Quaida reste toujours une menace réelle, de nouveaux acteurs s’ajoutent et complexifient la situation. Pensons à la monté en puissance du groupe armé État islamique (EI).

À première vue, il joue de son influence dans les récents attentats alors que l’EI n’existait même pas il y a quelques mois. Cette nouvelle menace a déjà nécessité l’envoi de militaires canadiens, de chasseurs CF-18 ainsi que deux avions de surveillance et d’un avion de ravitaillement dans la région pour participer à la mission internationale visant à combattre l’EI. Rappelons que le Canada a été directement visé dans les messages de menaces de l’organisation terroriste.

Portrait des priorités de sécurité

De plus, la sécurité du pays et de ses citoyens est menacée dans le domaine de l’informatique et d’internet. Le cyberespace prend une part grandissante dans la vie des Canadiens, du gouvernement et des entreprises. Internet, en plus d’être un moyen de communication efficace pour la diffusion et propagation d’idées subversives, qui peuvent contribuer à la radicalisation de certaines personnes, ainsi que de faciliter leurs activités, est devenu un moyen de plus en plus privilégié par le gouvernement et les entreprises pour rejoindre la population. D’importants enjeux économiques y sont reliés. Par exemple, les ventes en ligne au Canada étaient évaluées à 62,7 milliards de dollars en 2007 et près de 90% des entreprises canadiennes utilisaient internet dans pour leurs activités.

De son côté, le gouvernement a reçu 59% de ses déclarations d’impôts par internet en 2008. L’augmentation des transactions faites sur internet amène le problème de la protection des données personnelles, de la vie privée et du vol d’identité. Ainsi, une étude menée par l’Université McMaster estimait que 1,7 million de Canadiens ont été victimes de vol d’identité en 2008. Le coût du vol d’identité au Canada est évalué à près de 1,9 milliard de dollars par année. Le Code criminel a été modifié par le gouvernement pour répondre à cette nouvelle réalité. Celle-ci doit être au cœur des priorités de sécurité du Canada.

L’Arctique, une priorité de sécurité distincte

Dans un tout autre ordre d’idée, la fonte des glaces dans l’Arctique offre de nouvelles possibilités dans le domaine de l’exploitation de ressources naturelles. Le Canada est en bonne position pour en bénéficier. Cependant, de nombreux pays comme le Danemark, la Norvège, la Russie et les États-Unis ont des revendications territoriales dans la région et ces revendications empiètent sur le territoire canadien.

Dans cette optique, le Canada a déposé devant la commission des limites du plateau continental des Nations Unies en décembre 2013 ses revendications pour l’extension de son plateau continental afin d’y faire reconnaître sa souveraineté sur le passage du nord-ouest ainsi que la mer de Beaufort pour contrer les demandes de la Chine, Japon, Union européenne, Russie, Norvège, Danemark et des États-Unis qui considèrent le passage du nord-ouest comme faisant partie des eaux internationales. Pour répondre à ces nouvelles menaces, le Canada a élaboré une politique sur le dossier, la Stratégie pour le Nord et le pays préside jusqu’en 2015 le Conseil de l’Arctique.

Prévenir le terrorisme, une priorité sécuritaire du Canada

Le terrorisme est une menace réelle et non négligeable au Canada et fait toujours partie des priorités de sécurité du Canada. De par le monde, des extrémistes, souvent religieux, font des ravages parmi les populations civiles. Il est primordial de réduire les risques et d’empêcher toutes menaces de se réaliser sur le sol canadien ou contre tous citoyens. Le terrorisme est un vecteur d’instabilité social, ce qui est nuisible au bien-être et à la productivité des Canadiens. Comme le terrorisme est insidieux et se retrouve partout, le Canada doit faire sa part pour le combattre et ainsi assurer une meilleure protection de ses citoyens, assurer leur bien-être et un climat sain pour faire des affaires.

C’est donc en ce sens que le Canada doit porter son attention aux terroristes potentiels originaires du Canada, tant que de ceux provenant de l’extérieur. Même si nos services sont relativement efficaces, le Canada a joué de chance. Aujourd’hui, les terroristes ont modifié leurs tactiques. Désormais, certains encouragent l’action de loups solitaires. Nous devons adapter nos services et en faire une des priorités de sécurité du Canada. Pour mieux prévenir, déceler ou empêcher la menace à l’intérieur de nos frontières, nous recommandons ceci:

Renforcer nos services de renseignement

À des fins de prévention, il est impératif de garantir une plus grande protection aux sources humaines du SCRS, telle que proposée par le projet de loi C-44. Elles sont des sources d’informations de premières lignes que nous devons protéger. Avoir leur confiance est primordiale pour recueillir plus de données à analyser.

Sécuriser les communications du Canada

Prévoir la communication de renseignements aux fins de coopération au sein de l’administration publique fédérale, entre l’administration publique fédérale et celle d’une province, ou toutes autres entités susceptibles de servir la sécurité du citoyen canadien. 10 M$ supplémentaires seraient consacrés à cet effet, afin que le Centre intégré d’évaluation du terrorisme (CIET) gagne en efficience.

Élargir la collaboration sur nos priorités de sécurité

Renforcer la capacité à lutter contre le terrorisme en pays amis situés près ou dans des zones menacées. Élargir la collaboration avec les agences de renseignement de nos alliés et donner plus de responsabilités au SCRS en lui permettant d’élargir ses responsabilités de surveillance et d’enquête à l’extérieur du territoire national. Pour y arriver, un fonds de 15 millions supplémentaire pour l’embauche et la formation de personnels supplémentaires et d’équipement de surveillance déployable sur tous théâtres d’opérations.

Renforcer la cybersécurité

Le Canada ainsi que ses citoyens sont confrontés, de plus en plus fréquemment, à des cybermenaces. Ses menaces sont de plusieurs natures et peuvent provenir de plusieurs sources différentes. En juillet 2014, le Conseil national de recherche du Canada (CNRC) a été victime d’une attaque informatique financée par le gouvernement chinois ayant potentiellement soutiré de l’information sensible. Les cybermenaces ne sont cependant pas le seul fait des États, certains groupes terroristes et criminels peuvent aussi représenter une menace pour tous les Canadiens. D’ailleurs, une étude l’ICSPA démontre que 69% des entreprises canadiennes ont dénoncé une cyberattaque quelconque sur une période de douze mois. Puisque le rythme auxquelles ses menaces se produisent est en continuelle augmentation, une des priorités de sécurité du Canada est d’endiguer ce phénomène.

Audit de sécurité des systèmes informatiques

Protéger les systèmes gouvernementaux en donnant des rôles et des responsabilités claires au gouvernement canadien par l’entremise de Sécurité publique Canada qui aura le rôle de coordonnateur de la Stratégie de cybersécurité et en plus, par le resserrement de la sécurité de l’architecture cybernétique du gouvernement. Une somme de 500 000$ devrait être investie pour produire une évaluation des systèmes de cybersécurité du gouvernement dans l’optique d’optimiser et de gérer plus efficacement ces systèmes.

Renforcer la coopération interprovinciale

Nouer des partenariats avec les provinces, les territoires, le secteur privé ainsi que les secteurs d’infrastructures essentielles pour protéger les cybersystèmes. Nous recommandons la mise en place d’une table de concertation où seront invités des représentants de chaque secteur en vue de mettre en place des mesures conjointes sur la cybersécurité. Un montant de 150 000$ devrait être alloué pour permettre la bonne tenue de la table de concertation.

Créer une culture de cyber sécurité au Canada

Aider les Canadiens à se protéger en ligne en créant une culture de cybersécurité au sein des ménages canadiens et par la mise en place de nouvelles lois pour faciliter l’interception des crimes commis en ligne. Un budget de 1 250 000$ devrait être investi dans la création d’une campagne publicitaire visant à sensibiliser les Canadiens aux dangers reliés à la cybercriminalité ainsi qu’aux méthodes pour éviter d’être victime de celle-ci. D’ailleurs, la promotion du site www.pensezcybersecurite.gc.ca– serait une méthode efficace d’amener la population à s’intéresser à la problématique

Renforcer la souveraineté en Arctique

L’augmentation du transport maritime près des frontières canadiennes demande au Canada de contrôler le trafic sur les routes maritimes près de ses frontières. Les revendications territoriales du Canada sont contestées et menacées par les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Union européenne, le Japon, la Norvège et le Danemark. La Russie, dont les revendications territoriales empiètent sur celles du Canada, se montre particulièrement agressive. Plusieurs fois par année, le pays teste la défense de nos frontières ainsi que notre temps de réaction en faisant voler des avions près de notre espace aérien.

Du côté du droit international, le Canada a tout intérêt à obtenir la mer de Beaufort qui recèle selon les estimations américaines près de 13% des réserves de pétrole et près de 30% des réserves de gaz mondiales. Pour ces raisons, une des priorités de sécurité du Canada est d’augmenter sa présence dans le Nord canadien, accroitre sa visibilité militaire dans le secteur et défense ses intérêts grâce au droit international.

Accroître notre présence dans l’Arctique

Continuer d’accroitre les effectifs militaires dans le Nord canadien, dont le nombre de Rangers des Forces canadiennes et le nombre d’appareils CC-138 Twin Otter afin d’augmenter notre visibilité dans le Grand Nord canadien. Nous proposons d’augmenter de 10% les effectifs de Rangers, les faisant passer de 5000 à 5500 soldats et l’achat d’un nouvel avion CC-138 Twin Otter au coût de 6,5 millions de dollars. Le coût de ces mesures serait de 10,3 millions la première année et de 3.8 millions pour les années suivantes faisant passer le budget annuel de la division Rangers de 38 à 41.8 millions de dollars.

Acquisition de brise-glaces, une priorité

Poursuivre et accélérer l’acquisition des deux brise-glaces commandés en 2008 au coût de 720 millions de dollars pièce dont la première unité devrait être livré en 2017. Toutefois, nous proposons de commencer à construire le deuxième bâtiment immédiatement étant donné que les délais de livraison sont relativement importants. Cette mesure ne devrait pas entrainer de dépenses supplémentaires au budget, mais pourrait obliger le gouvernement à payer les sommes déjà prévues à cet effet plus rapidement.

Renforcer la coopération internationale pour la sécurité

Augmenter la défense des intérêts canadiens grâce aux organisations internationales, notamment par le biais de l’ONU pour le droit de la mer et par le biais du Conseil de l’Arctique pour la gestion du trafic maritime et de l’exploitation des ressources naturelles. Pour ce faire, nous proposons l’emploi d’un juriste supplémentaire pour chacune de ces organisations internationales. Nous prévoyons une somme de 300 000$ annuellement pour l’emploi de ces nouvelles ressources humaines.

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