Les fondements de la politique étrangère canadienne

La politique étrangère canadienne

La politique étrangère canadienne a évolué avec le temps. Elle s’est transformée avec les époques pour faire face aux différentes réalités auxquelles le Canada rencontrait. Les experts de la politique étrangère canadienne s’entendent généralement pour séparer la diplomatie canadienne en quatre grandes phases.

Il y a d’abord eu une phase impérialiste, qui s’est étendue de la création Canada jusqu’à la première guerre mondiale. Elle était caractérisée par une collaboration étroite entre le Canada et le reste de l’empire britannique. Durant cette période, le Canada comme membre de l’Empire britannique. Il devait participer au guerre mené par celui-ci. De plus, il évitait les engagement internationaux qui pouvait miner les liens qu’entretenait avec lui. En contrepartie, la sécurité du pays était assurée par l’Empire britannique.

D’isolationnisme à internationalisme

Puis, la période entre les deux guerres a vu la venu de l’isolationnisme canadien en matière de politique étrangère. Lors de cette période, le Canada tenta de prendre ses distances envers l’Empire britannique. Il garda ses distances par rapport aux conflits internationaux. C’était dans le but démontrer l’indépendance du Canada à l’échelle internationale. Il souhaitait également préserver l’unité nationale qui avait été malmené à cause de la crise de la conscription de 1917. Celle-ci avait exacerbé les tensions entre canadiens anglais et canadiens français.

Ensuite, la période de la Guerre froide vit l’arrivée de l’internationalisme canadien. Cette période est caractérisée par une diplomatie très active, une contribution accrue aux organisations internationales et à la promotion des valeurs libérales et du droit international.

Pour finir, le continentalisme qui semble s’imposer comme idée principale en matière de politique étrangère canadienne. Cette phase a comme postulat une étroite collaboration entre le Canada et les États-Unis. Une relation dictée par sa proximité géographique et à sa puissance économique. Selon ce courant, la prospérité du Canada passe par une collaboration accrue entre les deux pays.

Bien que les concepts d’impérialisme et d’isolationisme ne sont plus d’actualité si on tente de décrire la politique étrangère canadienne, ceux d’internationalisme et de continentalisme restent fort utiles afin de comprendre et de décrire les agissements du pays à l’échelle internationale. Ce texte propose donc de mieux définir ces deux concepts au cœur de la diplomatie canadienne.

Une politique internationaliste?

Comme il a été dit précédemment, l’internationalisme canadien a comme postulat de départ que les valeurs libérales doivent guider les relations internationales et que le Canada se doit de faire partie des grands ensembles tel l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’Organisation des Nations Unies (ONU) ou l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Selon cette doctrine, le Canada serait une puissance moyenne. Il doit donc agir comme tel en faisant la promotion des intérêts internationaux. De par ce statut, il doit également faire la promotion des valeurs libérales.

Le Canada doit aussi être actif au sein des institutions internationales à caractère multilatéral et de promouvoir le droit international. Le Canada aurait aussi pour but d’être un médiateur à l’échelle internationale. Un genre d’arbitre qui doit faire le pont entre les différents protagonistes afin de maintenir la paix. Ce rôle d’arbitre obligerait le Canada à affirmer son indépendance et sa différence par rapport au États-Unis afin d’être le médiateur crédible qui ne semble pas être juge et partie.

Le Canada, acteur de paix internationale?

Un tel engagement envers la promotion de la paix au niveau international peut s’expliquer par le fait que le Canada compta plus de 42 000 morts lors de la seconde guerre mondiale et que le pays se vit encore une fois déchiré lorsque l’épineuse question de la conscription refit surface. Ce nombre peut paraître peu élevé en comparaison avec les pertes humaines que certains pays européens ont déplorées. mais ce nombre reste significatif et a profondément marqué les dirigeants de l’époque.

Contrairement à la Grande guerre, ce deuxième conflit mondial n’a pas entrainé un repli sur soi. Il provoqua totalement l’opposé en faisant du Canada un citoyen du monde. Le pays a joué un rôle actif à l’échelle internationale afin de préserver une paix mondiale alors que les tensions de la Guerre froide étaient au plus fort. Cela amena le Canada à donner son appui inconditionnel à la création de l’Organisation des Nations Unies. Il participa activement à la création des Casques bleus qui ont pour but le maintien de la paix.

Ce changement d’attitude était possible par l’enthousiasme de nombreux diplomates au sein de l’appareil d’État canadien comme par exemple Lester B. Pearson ou Louis Saint-Laurent qui avaient à cœur ce projet. Ce dernier déclare en 1945 lors d’un débat sur la Charte des Nations Unies que le Canada est prêt à assumer tous les risques que comporte l’adhésion que comporte à cette organisation; parce que l’autre risque, celui de ne pas avoir d’organisation internationale, serait d’une telle conséquence que l’on n’ose même pas l’envisager.

Une politique étrangère continentaliste?

De son côté, l’idée du continentalisme part avec l’idée que le Canada est une puissance majeure et qu’il doit jouer un rôle actif à l’échelle internationale. Cette idée met aussi de l’avant que les États-Unis est le principale partenaire du Canada sur presque tous les aspects et que la prospérité canadienne passe par le maintient de l’accès au marché américain.

Pour garder cet accès privilégié, le Canada doit s’assurer que d’éventuelles faiblesses de sa part ne mette pas en péril la sécurité de son voisin et il devrait soutenir les engagements internationaux de son voisin.

Une si grande ouverture envers les Américains n’est possible que si l’on voit le Canada comme étant un pays fort. Un pays qui ne risque pas d’être englouti par un voisin qui est dix fois plus imposant en terme de population. Un tel rapprochement pourrait être des plus néfastes pour la souveraineté et l’identité d’un pays si celui-ci serait faible. Or, les continentalistes estiment généralement qu’un partenariat étroit avec les États-Unis est non seulement profitable et qu’il ne constitue pas une menace à la souveraineté et à l’identité canadienne.

On serait tenté de penser que l’idée de continentalisme repose essentiellement sur une conception marchande des relations internationales. Il serait donc difficile de montrer sa pertinence dans les autres sphères des relations internationales. Bien que l’aspect commercial est important. Rappelons l’importance du commerce; 75% des exportations canadiennes sont destinées au États-Unis. Son fondement repose aussi sur une proximité culturelle, idéologique et linguistique entre les deux pays. C’est sans compter que l’aspect géographique indéniable ainsi que le domaine militaire.

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